mercredi 25 février 2026

Atelier d'écriture avec Olivier Ciechelski du 28 février 2026 à Bourgueil (37).

Il nous est proposé un petit exercice préalable qui servira d'introductif.
Nous sommes invité.es à partager votre "production" en début d'atelier.
Il permettra de faire connaissance !

Voici la proposition d'Olivier :
Petit exercice d’échauffement : “10 choses que je déteste" 
(sur le modèle du personnage du "Livre des prodiges" pp156-157 pour celleux qui l'ont lu…) ou "10 choses que j’aime”. 
Cet exercice peut être éventuellement développé, en fonction du temps ou de l'inspiration : “je déteste ceci parce que…”
 
Forcément, j'ai affuté ma plume... 

Je flânais sur le trottoir, le long d’une avenue intrépide, presque heureux de cette liberté sous un ciel morne. L’air était bougon et le soleil paresseux. Le vent du matin, nonchalant à son réveil, s’était mué après le déjeuner en un blizzard arrogant et belliqueux. Et je déteste le vent et son sale caractère quand il change de tessiture. Quand il s’immisce indélicat entre la toile épaisse de mon manteau et la chemise qui me colle à la peau. Surtout l’hiver. Mais par-dessus tout, je déteste quand son humeur hargneuse me pousse à m’engouffrer dans une bouche de métro pour ne plus avoir à le supporter.

Le métro... les interminables couloirs à la puanteur obstinée ; la cohue sombre et grasse ; les bousculades et leurs cortèges de brutalités fiévreuses ; les files de wagons bondées et l’étouffant piège des corps se touchant sans se connaître ; les respirations animales, sauvages ; les relents de transpiration ondulant, miasmes égarés dans la vibrante lumière des néons ; la promiscuité forcée des peaux agacées par la chaleur du sous-sol ; l’air tiède, trop rare pour être respiré avec avidité ; les tremblements saccadés des rames s’ébrouant sans douceur ni bienveillance ; les regards insistants qui déshabillent sans retenue.

Je déteste la vie souterraine obligée du métro, l’oppressante nécessité de gagner du temps sur celui que nous n’avons pas perdu, en écho à notre vie trépidante. Je n’aime pas cette danse d’autruche, nos têtes enfouies dans les entrailles oppressantes de la ville. Et les lumières vacillantes de ce monde hostile n’arrange rien, elles ne brillent pas pour me rassurer.

 

Ce qui est sorti de mon encrier, pour faire connaissance à cet atelier.


 


2 commentaires:

  1. J'ai été transporté à lire ton j'aime j'aime pas. Le canevas de mots est un terreau si fertile que descendre dans la bouche du métro m'a été difficile même en t'accompagnant

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    1. Je me doutais bien que c'était toi mon seul vrai bon voisin!
      Merci pour tes mots et ton œil sur mon écrit.
      Certains sujets sont inspirants, et j'aime bien bricoler mon écriture quand le sujet est imposé.
      Bonne soirée.

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