
Il nous est proposé un petit exercice préalable qui servira d'introductif.
Nous sommes invité.es à partager votre "production" en début d'atelier.
Il permettra de faire connaissance !
Voici la proposition d'Olivier :
Petit exercice d’échauffement : “10 choses que je déteste"
(sur le modèle du personnage du "Livre des prodiges" pp156-157 pour celleux qui l'ont lu…) ou "10 choses que j’aime”.
Cet exercice peut être éventuellement développé, en fonction du temps ou de l'inspiration : “je déteste ceci parce que…”
Forcément, j'ai affuté ma plume...
Je flânais sur le trottoir, le long d’une avenue intrépide, presque heureux de
cette liberté sous un ciel morne. L’air était bougon et le soleil paresseux. Le
vent du matin, nonchalant à son réveil, s’était mué après le déjeuner en un
blizzard arrogant et belliqueux. Et je déteste le vent et son sale caractère quand
il change de tessiture. Quand il s’immisce indélicat entre la toile épaisse de
mon manteau et la chemise qui me colle à la peau. Surtout l’hiver. Mais
par-dessus tout, je déteste quand son humeur hargneuse me pousse à m’engouffrer
dans une bouche de métro pour ne plus avoir à le supporter.
Le
métro... les interminables couloirs à la puanteur obstinée ; la cohue sombre
et grasse ; les bousculades et leurs cortèges de brutalités fiévreuses ;
les files de wagons bondées et l’étouffant piège des corps se touchant sans se
connaître ; les respirations animales, sauvages ; les relents de
transpiration ondulant, miasmes égarés dans la vibrante lumière des
néons ; la promiscuité forcée des peaux agacées par la chaleur du
sous-sol ; l’air tiède, trop rare pour être respiré avec avidité ;
les tremblements saccadés des rames s’ébrouant sans douceur ni
bienveillance ; les regards insistants qui déshabillent sans retenue.
Je
déteste la vie souterraine obligée du métro, l’oppressante nécessité de gagner
du temps sur celui que nous n’avons pas perdu, en écho à notre vie trépidante.
Je n’aime pas cette danse d’autruche, nos têtes enfouies dans les entrailles
oppressantes de la ville. Et les lumières vacillantes de ce monde hostile
n’arrange rien, elles ne brillent pas pour me rassurer.
Ce qui est sorti de mon encrier, pour faire connaissance à cet atelier.